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Les poings sur les I

Les poings sur les I

Billets et commentaires pleins de punch sur tout et n'importe quoi

Indignez vous

Indignez vous

S’indigner, c’est bien. Stéphane Hessel l’a dit dans un joli pamphlet plein d’espoir. S’indigner bien, c’est mieux. Face aux images des deux DRH d’air France secoués par des salariés, l’indignation à été de taille. Unanime. Internationale. Haro sur les violents qui agressent des cols blancs. Enième plan social dans l’entreprise. 2900 suppressions de postes possibles, la plupart dans les rangs du personnel non naviguant. Donc pas forcément ceux qui ramassent le plus de pognon. Une situation plus complexe que la grève de caste privilégiée qu’ont menée les pilotes en 2014. L’opinion publique est unanime. Il faut punir ces réactions, les images parlent d’elles mêmes. Un lynchage. Valls, toujours prompt à dispenser honneurs et jugements, parle de « voyous », pour désigner les dépouilleurs de cadres. L’ancien ministre de l’intérieur inflexible qui renvoyait des gamines scolarisées dans leur pays d’origine en connait un rayon en matière de violence. Et que dire de la violence de la perte d’un emploi ? Ce n’est pas violent de se demander comment on va faire bouffer ses gosses ? Remarquez, me direz vous, fallait pas en faire. Sans même parler de problématiques matérielles, dans un contexte où le métier que l’on pratique est constitutif de la construction individuelle, n’y a-t-il rien de violent à enlever à des types un pan de leur personne ? Cette violence symbolique est moins visible, est-t-elle pour autant moins dure ? Mais on s’en fout, c’est une manière d’écraser son prochain qui se pratique habillée, sans hurlements. Dans le respect des valeurs de la République. Une lettre de licenciement, et hop, ça dégage. Vachement plus propre. Pour la conscience, il reste l’ANPE, le chômdu, et le RSA, c’est bien suffisant. De toute façon, les pauvres, ça vit de rien. Et puis, c’est pour la survie de l’entreprise. Macron, cet homme de gauche, serait d’accord. Oui ces images étaient violentes mais la société l’est encore plus. Et si les salariés n’ont jamais rien gagné à secouer le patronat et ses représentants, je veux bien manger ma chemise.

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