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Les poings sur les I

Les poings sur les I

Billets et commentaires pleins de punch sur tout et n'importe quoi

Il n'y a pas d'alternative

Il n'y a pas d'alternative

Petit billet haineux, peu constructif et nihiliste mais assez thérapeutique d'actualité permanente.

Il n'y a pas d'alternative. C’est dingue comme cette affirmation érigée en vérité générale est devenue une obsession pour moi. Depuis que d’anciens anarcho-syndicalistes m’ont expliqué que c’était la raison pour laquelle ils lourdaient des pavés aux flics au milieu des années 90 et cassaient des bouches en manif sans trop faire de détail. Petit rappel, le copyright du verbatim revient à Maggie Thatcher, Aka dame de fer. « There is no alternative » pour les bilingues. Quand je pense que nombre médias et politiques ont tressé des lauriers à cette briseuse de grève invétérée quand elle a rendu l’âme, en 2013. Moi j’aurais bien sorti la Kronenbourg, tout ravi de savoir qu’elle bectait enfin les pissenlits par la racine, la bougresse. Mais c’est pas bien de pisser sur les tombes il parait. Dézinguer des vies d’ouvriers, c’est moins grave. Crevure.

Quoiqu’il en soit, il n’y a donc pas d’alternative à la finance et au diktat de l’économie de marché. Pas d’alternative à cette idéologie maniaque qui dément en être une. Tout libéraliser. Comme des bœufs. Comme des malades mentaux avinés. Dégager les fonctionnaires, surtout eux, ces sales feignasses et leurs acquis sociaux post seconde guerre mondiale. Et puis, surtout, baisser le coût du travail, encore bien trop cher dans ce pays de con qu’est la France, avec ses smicards richissimes. C’est vrai que moins de 1200 balles nets par mois c’est excessif pour vivre. Demandez à Ghosn, il vous expliquera. « Flexisécuriser », comme ils disent dans leur verbiage innommable de soft-dictateurs. « Donner des garanties aux entreprises », pour qu’ils soient certains de pouvoir continuer de se gaver comme des boulimiques des billets verts. Pas le choix, sinon, elles se tirent les entreprises. Merci la mondialisation. Bandes de cons d’ingrats, les indiens abattent le triple du taf pour dix fois moins, on reviendra quand vous aurez vraiment la dalle et l’envie de charbonner qui va avec. Vos congés nous emmerdent, nous on veut de la production et des dividendes.

Et le plus fort, le plus grand dans tout ça, c’est la culpabilisation. Vous voyez de quoi je parle, quand à longueur de JT ou de dîners mondains, de gros veaux bourrés d’oseille, des politicards véreux blindés de pouvoir viennent vous expliquer que vous pourriez faire un effort et vous bouger le cul pour sauver des entreprises à la dérive dont les patrons ont depuis longtemps quitté le navire sur une barque pleine de biftons. Où on vous fait la leçon pour que vous cessiez de vous battre et descendre dans la rue. Où on vous affirme que la meilleure façon de s’en sortir, c’est de mettre les bouchées doubles.

Tout le monde s’accorde plus ou moins à dire que le système est à chier, pourtant. Mais c’est le moins pire. Le reste, on a essayé c’est goulag et compagnie. Y’a plus que les nanars qui ont un capital sympathie, parce que c’est les grands perdants de l’histoire. Mais on les mate comme des rigolards, des punks à chiens à l’hygiène douteuse. Des semi-clodos anarcho-libertaires qu’on ne veut surtout pas devenir, le miroir d’une société qui marche à la trouille de finir par faire la manche dans le métro.

L’après guerre avait les lendemains qui chantent. Les soixante-huitards ont manqué leur révolution, mais ils baisaient joyeusement. Le rideau de fer des soviets s’est cassé la gueule, et on a vu que derrière, y’avait des étrons et du sang. Le cul est passé du côté de la marchandisation. Des rayons entiers de nos congénères sur les réseaux sociaux. Des montagnes de pornos pour des branlettes médiocres et épilées. Et on nous reproche de devenir alcooliques ou drogués. Connards. Pendant qu’on vide des verres sur le zinc de vieux rades miteux où on a réussi à nous faire gober qu’une mousse à cinq balles était une belle affaire, au moins, on ne participe pas à la course à la connerie ambiante. On ne file pas un flesh aux ordures d’Apple qui prennent leurs con-sommateurs en otage. On ne commande rien sur Amazon, cette ignominie qui mélange le stakhanovisme le plus Stalinien et le pire de l’ultrabéralisme débridé adoubée par Montebourg.

Et on ose nous dire que désaper un DRH d’air France, c’est mal. On ose nous expliquer que les vilains casseurs de manif font du mal à la police de Valls. On ose nous faire croire qu’une vitre cassée par un imbécile est une attaque contre l’hôpital public. Et sur l’échelle d’un plan social ?

Mais les pires dans tout ça, c’est les mecs qui gerbent leur fiel derrière un clavier, sans rien proposer d’autre. C’est les aigris qui sont devenus trop feignants et trop lâches pour aller se faire gazer la gueule en manif. Il n’y a toujours pas d’alternative. J’ai pas la prétention d’en proposer une. Le nihilisme me guette. C’est le meilleur moyen de devenir un rouge brun. Pitié, tout mais pas ça.

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