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Les poings sur les I

Les poings sur les I

Billets et commentaires pleins de punch sur tout et n'importe quoi

Voile : Le droit de se taire

Voile : Le droit de se taire

Depuis quelques jours, les débats autour du port du voile dans l’espace public ont été ravivés suite aux propos de Rossignol et à l’appel au boycott des marques qui lancent des gammes « pudiques » par Elisabeth Badinter.

A titre personnel, je suis ce qu’on appelle dans un jargon un brin désuet un bouffeur de cureton. La religion, disait Marx, c’est l’opium du peuple. Ce n'est pas une raison pour manquer de respect aux croyants. Par ailleurs, parfois, quand j’arrive à me défaire de mes démons patriarcaux, j’ai des velléités féministes. Ce sont très précisément les raisons pour lesquelles je suis absolument favorable à ce que l’on arrête d’emmerder les femmes qui se voilent. Déjà parce qu’il n’incombe pas à un mâle blanc de donner des leçons de libération féminine à ces dames. Ensuite parce que si j’ai le droit de blasphémer à qui mieux-mieux, c’est grâce à un principe séculaire de notre beau pays : la laïcité. Cette laïcité qui, précisément, dans les textes est immédiatement suivie de la liberté de culte, et donc en conséquence de montrer son culte de la manière qui convient à chacun.

De même, il est impossible de nier qu’il existe un réflexe postcolonial dans cette propension naturelle qu’ont nombre de commentateurs et politiques -Rossignol en tête- à vouloir libérer la femme voilée. Jamais, sur un plateau télé, on ne demande son avis à cette dernière, elle qui est pourtant la principale intéressée. Les experts sont toujours les mêmes. Des dominants. Ce sont eux qui expliquent comment les dominées se libéreront. En se mettant à la minijupe. En remplaçant un patriarcat par un autre.

Globalement, le mieux à faire en fait, si on veut vivre ensemble, c’est arrêter de se poser en donneur de leçon. Cesser de se voir en franchouillard du XIXe siècle qui s’imaginait en lumière du monde libre. Se rappeler que la culture laïque et autoproclamée sexuellement libérée objectifie le corps féminin à longueur de pubs sexistes au service des fantasmes des mâles, où la dégustation d’une glace s’apparente systématiquement à une fellation baveuse. En fait, au fond il n’y a pas de débat. Laïcité et féminisme impliquent de laisser les femmes choisir leur tenue vestimentaire. Si on n’est pas content, on a le droit de garder le silence.

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