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Les poings sur les I

Les poings sur les I

Billets et commentaires pleins de punch sur tout et n'importe quoi

Et si le combat du siècle avait lieu tous les week ends ?

Et si le combat du siècle avait lieu tous les week ends ?

Hier soir, l’équipe 21 diffusait en direct le combat entre Sylvain « el loco » Luce et Isossa Mondo, deux boxeurs de près de 90 kilos qui se produisaient en sous carte du come-back de l’ex-champion du monde Souleymane M’baye. Un combat autrement plus intéressant que la plupart des "main events" que l’on a pu suivre récemment.

Prévu en six reprises, l’affrontement n’avait rien d’exceptionnel. Un duel entre deux « journeymen », comme on dit dans le jargon, ces hommes dont le palmarès est bardé d’échecs. Ces boxeurs ne seront jamais champions du monde. El Loco comptait 10 victoires pour autant de défaites et un match nul avant de passer les cordes. Mondo affichait 6 victoires pour 9 défaites. Ce dernier, ouvrier des rings s’il en est, était passé à la casserole contre le grand (et lourd) Kubrat Pulev, le puissant Youri Kalenga, ou encore l’espoir cogneur Arsen Goulamirian. Un guerrier qu’on invite souvent pour faire briller les autres.

En plus, dans ce combat, prévu en six reprises, pas de titre en jeu. Juste, pour une fois, un affrontement équilibré entre deux hommes sensiblement du même âge qui ne perdront jamais l’envie d’en découdre. L’entrée en disait long, comme souvent. Isossa Mondo passait les cordes en dansant. Le carré magique, il aime ça. Son adversaire faisait également le show, sa capuche recouvrant entièrement son visage. Une fois dans son coin, il fixait Mondo en faisant des allers retours, comme un lion en cage prêt à être lâché.

C’était une opposition de style. Luce, très agressif, comme à son habitude, pour ceux qui le connaissent, frappait sous tous les angles, avec une précision à géométrie variable mais un cœur sans faille. Mondo, quand à lui, cognait avec parcimonie et précision. Ce dernier perdait les premières reprises, mais prenait l’avantage au fur et à mesure que le combat avançait et que le souffle de son adversaire se faisait plus court. L’intensité n’a jamais baissé. Les deux pugilistes se souriaient avec provocation, mais terminaient tous les rounds avec une marque de respect, jusqu’à ce moment paroxystique dans la dernière reprise, où, s’étant échangé coup pour coup, au bord de la rupture, ils tombaient dans les bras l’un de l’autre, alors même que le gong sonnait à quatre seconde du terme, certainement pour préserver leur intégrité physique.

A la victoire de Mondo, par décision partagée, à sa joie sincère, ajoutez l’attitude superbe de Luce qui lui lève le bras, le félicite sur le ring. Ces deux hommes ne seront jamais sous le feu des projos, ou alors pour faire briller une figure locale. La boxe est ainsi faite. Mais la passion, le sens du spectacle et l’amour du ring des deux athlètes au corps aussi sculptés que des apollons Grecs antiques sont intacts. Ils ont gagné la foule, et prouvent par la même qu’il ne faut pas attendre Mayweather et Pacquiao pour le combat du siècle. Les grandes émotions pugilistiques ont lieu tous les week-ends dans des galas locaux.

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