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Les poings sur les I

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Dialogue social : la CFDT risque d’en voir de toutes les couleuvres

Dialogue social : la CFDT risque d’en voir de toutes les couleuvres

Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT, était reçu ce matin par le premier ministre, Manuel Valls.

Laurent Berger inspire la sympathie. Ex grand timide de l’ouest de la France, supporter des canaries, c’est un vrai prollo, fils d’un ouvrier des chantiers de Nantes et d’une auxiliaire de puériculture. Il fait ses armes en politique à la JOC, comme tout le monde dans cette région peuplée de catholiques de gauche. Sa carte de la CFDT, ses parents, tout deux cédédistes, la lui transmettent. Syndicaliste brillant, il gravit les échelons « sans jamais rien demander », jusqu’à devenir secrétaire général de la CFDT. « On est toujours venu me chercher », affirme-t-il.

Aujourd’hui, c’est le gouvernement qui a besoin de ses services. Pas pour un poste, du moins pas pour l’instant. Il faut rendre acceptable le projet de réforme du droit du travail. Valls aurait préféré le passer en force, en bon poids lourd du gouvernement qui a pété ses freins. Mais face à la frénésie signataire des opposants internautes, le projet qui devait être présenté le 9 mars en conseil des ministres est repoussé au 24. Deux semaines pour négocier avec les partenaires sociaux. Mais il a annoncé la couleur, Valls : ce report « vise à faire bouger le texte sans revenir sur ses grands principes ».

En gros, on va faire du social washing. On pourra jargonner gentiment et parler de flexisécurité si ça rassure les gauchistes, mais le code du travail va devoir perdre en rigidité. Les accords d’entreprise pourront désormais être moins avantageux que les accords de branche. Une évolution que le MEDEF appelle à corps et à cris depuis des années.

Le 3 mars, la CFDT a signé avec la plupart des syndicats réformistes une déclaration commune. La CGT et FO ont refusé. Laurent Berger s’assoit à la table des négociations, pour tenter d’arrondir les angles face aux ultralibéraux monomaniaques de la gauche de gouvernement.

Le problème, c’est qu’à la CFDT, se mettre à table, ca veut souvent dire avaler des couleuvres.

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