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Les poings sur les I

Les poings sur les I

Billets et commentaires pleins de punch sur tout et n'importe quoi

Des zizis et des hommes

Des zizis et des hommes

Petit billet iconoclaste pour désacraliser le sexe masculin.

Je crois m’être rendu compte de la vacuité de l’homme sous la douche, en posant les yeux sur ma bite. Cette excroissance à laquelle les mâles vouent un culte –moi le premier, combien de fois me suis-je lancé dans des odes à mon vît en ayant un coup dans l’aile- c’est quand même au final un petit bout de pas grand-chose. Et pourtant, on en a fait le pilier structurant du patriarcat. Le symbole de la puissance virile. La fierté dressée en étendard du masculinisme. Ce n’est pourtant qu’un corps spongieux qui se gorge de sang à intervalles plus ou moins réguliers. On lui donne un nom. On le déifie. La religion pénienne concerne aussi les athées.

On essentialise le mâle sur la base de son sexe. Il pénètre, domine, détruit, agresse. La sexualité est aussi construite autour de lui. Il en défini les codes. Le plaisir de la bite, en tant qu’entité personnifiée, est la fin en soi de la relation sexuelle. C’est aussi la source de toutes les angoisses. Va-t-elle se dresser sur commande, ne pas s’emballer trop vite, tenir la route le temps qu’il faudra ? La verge est aliénante. L’homme est victime du culte pénien. Il ne peut pas souffrir d’être déçu par son outillage. Et si le cul, c’était plus profond –sans mauvais jeu de mot- qu’une succession de pénétrations entièrement liées à la capacité du petit soldat à se mettre au garde à vous ? Si la sexualité, pour ne pas s’avérer oppressive, devait remettre le pénis à sa place ?

L’homme n’a pas d’humour concernant son engin. On ne lui accole pas n’importe quel adjectif. Petit, mignon, drôle sont à proscrire. Il faut préférer grand, dur, puissant, beau, conquérant. Alors qu’au fond, un zizi, c’est super amusant. Ça bouge tout seul, c’est vivant, c’est attachant. Certes, le désacraliser, c’est un peu le désexualiser. Mais c’est aussi se libérer des injonctions qui font du chauve à col roulé le dictateur corporel et comportemental du mâle. Je conclurai en paraphrasant Molière : « Mon flegme est philosophe autant que votre bite ».

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