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Les poings sur les I

Les poings sur les I

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Presque une victoire, en somme

Presque une victoire, en somme

Dans la nuit de samedi à dimanche, le Français d’Abbeville, Johann Duhaupas affrontait l’Américain Deontay Wilder en Alabama pour lui prendre sa ceinture WBC des poids lourds. Il a perdu par arrêt de l’arbitre à la 11e reprise, dans un combat titanesque.

C’est quand le showman invaincu s’est apprêté à monter sur le ring derrière son masque terrifiant à quelque secondes du début du combat, que l’on a pris conscience de la difficulté du défi qui attendait l’Abbevillois. Dans une salle tout à fait acquise à la cause du champion, il semblait bien seul. Mais le boxeur de 34 ans a été à la hauteur de l’évènemenent. Lui qui travaille en temps normal pour faire bouillir la marmite et n’a eu que six semaines pour préparer un championnat du monde qui demande normalement trois mois d’entraînement n’a pas à rougir. L’entame face au colosse de 2m01, soit six centimètres de plus est bonne. Garde bien haute, mains colées au visage, il enclenche la marche avant, Il parvient même à toucher régulièrement avec son bras avant, souvent doublé et rapide. Mais c’est sa capacité à encaisser qui impressionne. Les coups de boutoir de l’Américain, qui compte 33 KO sur ses 34 victoires avant le premier coup de gong ne l’empêchent pas d’avancer, et venir travailler. Durant trois rounds, il fait même presque jeu égal avec Deontay Wilder. Le Français semble faire douter l’Américain, qui se plaint de coups imaginaires derrière la tête. Mais une blessure contractée à l’entraînement au nez s’ouvre et ensanglante le visage de Duhaupas. Dans la troisième reprise, Wilder accélère, Duhaupas survit et finit le round. Malgré son courage, il prend du retard dans les reprises suivantes. Mais il encaisse et continue d’avancer. Il croit en ses chances. Il met d’ailleurs plusieurs fois son adversaire en danger. A partir du huitième round, la fatigue se fait sentir. C’est à la 11e reprise que l’Américain accélère pour la dernière fois, à la suite d’une droite puissante qui fait vaciller Johann Duhaupas. Debout, ce dernier encaisse une série de coups du champion en furie, agacé par cet adversaire si coriace. L’arbitre, voyant que Duhaupas refuse de lâcher préfère arrêter les frais pour préserver son intégrité physique. Sage décision. L’Abbevillois ne repart pas avec la ceinture, mais il a gagné le respect. Sifflé au début, il est acclamé par les 12000 spectateurs. C’est un Wilder au visage abîmé à qui l’arbitre lève le bras. S’il n’est pas devenu le premier Français champion du monde des poids lourds, le soldat de la Somme s’est battu comme un lion et a fait preuve d’un grand courage.

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