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Les poings sur les I

Les poings sur les I

Billets et commentaires pleins de punch sur tout et n'importe quoi

L'adieu aux armes

L'adieu aux armes

Moment historique pour la boxe, après le combat du siècle. Le vainqueur, Mayweather, a tiré sa révérence samedi 12 septembre. Il effectuait son 49e combat, avec une victoire à la clé, atteignant ainsi le record de Rocky Marciano. Rien que ça. Malgré tout, comme disait Chirac, « ça nous en touche une sans faire bouger l'autre ».

Déjà parce que Mayweather est plutôt chiant à regarder. Si l'on ne peut pas lui enlever que sa carrière a été marquée par de grands combats, contre des pointures (Gatti, De la Hoya, Hatton, Cotto), cela fait un bon bout de temps qu'il ne fait plus frémir personne. Les victoires faciles de ces dernières années face à des types dépassés techniquement, souvent présents pour palper un gros chèque contre quelques droites plus que pour arracher la victoire ont fatigué le public.

Ensuite, parce que les moments historique, avec « pretty boy Floyd », il vaut mieux ne pas trop compter dessus. Les gusses qui se sont levés à cinq heure du matin le 2 mai dernier peuvent en témoigner. Ceux qui ont délesté leur larfeuille de pas loin de cent dollars pour le pay-per-view aussi.

Troisième raison, et non des moindres, le choix de l'adversaire, André Berto. Si son illustre aîné Marciano a tiré sa révérence avec un superbe K-O dans un difficile combat contre Archie Moore, l'objectif de celui que l'on surnomme aussi « money » n'était clairement pas d'offrir un grand baroud d'honneur. L'adieu aux armes s'est fait sans risques, tranquille. Comme face à Pacman, même si l'on attendait autre chose. Berto a été courageux mais largement en dessous. Les fans sont déçus, Mayweather s'en fout. Le seul de ses records qui restera dans les mémoires sera la quantité astronomique de billets verts qu'il aura touché dans sa carrière.

Il le sait, il l'assume. Il révolutionne d'ailleurs le folklore du noble art. S'il n'est pas rare que les avants matchs soient marqués par des provocations entre les pugilistes, voire des affrontements, l'américain, lui préfère poster sur instagram une vidéo classe et humble. On l'y voit ranger méthodiquement des liasses de billets dans une valise Louis Vuitton, avec en légende : « Quand je pars en voyage, je n'emporte pas de vêtements, seulement des benjamins ». La boxe, désormais, il s'en tamponne le coquillard. S'il a passé les cordes le 12, c'est pour aller au bout de son contrat avec la chaîne showtime. Pour quelques dollars de plus en somme.

En fait, si Mayweather fut un boxeur formidable, il n'est plus aujourd'hui qu'un nouveau riche indécent qui crache à la face du monde un pognon de moins en moins durement gagné. Qu'un type qui prend des beignes pour amuser la foule produise de l'argent, c'est normal. Qu'il se moque ouvertement des ouvriers du ring en remplissant des valises de billets à une semaine d'un combat à la légitimité douteuse, moins. C'est surement l'une des raisons pour lesquelles le ring n'intéresse plus grand monde. Le crépuscule d'un des plus grands talents de la boxe sent mauvais. Pourtant, l'argent est inodore.

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